28/10/2013

Les merveilles chinoises de l'or blanc

Le dragon furieux ondule parmi les nuages et les chauves-souris dans un ciel blanc de porcelaine. Il enroule son corps aux écailles rouge sang autour du haut col fin et sort ses griffes sur la panse rebondie d'un vase du XVIIIe siècle. L'élégant objet est un de ces témoins de la «Splendeur du feu» que le centre culturel de Chine à Paris évoque actuellement. Car à l'occasion de l'année de la Chine, l'institution propose, sous ce titre, une exposition qui aurait pu relever du lieu commun. Elle entend en effet rappeler à quel point les Chinois excellèrent dans l'art de la céramique.


Mais si, nul sans doute ne l'ignore, la Chine est un empire de porcelaine, elle a pour capitale Jingdezhen. La manifestation se consacre donc à ce bourg de Chine méridionale, dont on fête cette année le millénaire de la fondation. Situé dans la province du Jiangxi, il est célèbre pour avoir abrité depuis des siècles le principal four de production de porcelaine du pays. Il était fournisseur officiel en merveilles d'or blanc et abrita même, à partir de la dynastie Ming, la manufacture impériale. Sans parler du rayonnement d'un site qui produisit de quoi satisfaire le goût pour les chinoiseries des collectionneurs européens.


Des flammes de Jingdezhen sont donc sorties au fil des siècles des vases aux épaules rondes et des pots ventrus, des bols à motifs poissons, des plats fleuris de pivoines et des bouteilles portant des vols de phénix. On y façonna la pâte pour qu'elle soit toujours plus blanche, plus légère, d'une extrême finesse jusqu'à en être translucide. Parfois les porcelaines présentées à Paris étonnent aussi par la vivacité et la variété de leurs coloris. Car les Chinois n'eurent sans doute de cesse que de maîtriser toute la palette. L'exposition insiste d'ailleurs sur ce travail incessant sur les cuissons, les glaçures puis les oxydes. Mais le visiteur peut aussi faire fi de la technique et se laisser charmer par quelque soixante pièces exceptionnelles, sobrement mises en lumière pour révéler leur transparence fragile.


La Splendeur du feu – Chefs-d'oeuvre de la porcelaine chinoise de Jingdezhen du XIIe au XVIIIesiècle,

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