28/10/2013

Les Français moins riches que les Britanniques

Les agents immobiliers voient des Anglais partout ! Ces derniers achètent en effet des maisons de campagne dans de nombreuses provinces françaises. Et ce n'est pas un hasard. L'étude publiée cette semaine par l'Observatoire de l'épargne européenne (OEE), montre qu'ils en ont les moyens. Plus que les Français en tout cas. «Les Britanniques sont plus riches et les Espagnols plus pauvres que les autres» résume David Davydoff, directeur de l'Observatoire de l'épargne européenne.


En 2012, le patrimoine financier des ménages représentait ainsi 43 581 euros en France, contre 75 812 au Royaume-Uni et 30 916 euros en Espagne (voir tableau). Un Britannique pesait donc de ce point de vue 2,4 fois plus qu'un Espagnol et 1,7 fois de plus qu'un Français !


L'Observatoire a aussi regardé à la loupe la manière dont cette épargne évolue dans les principaux pays européens. Et les comportements diffèrent selon le côté de la frontière où on se situe. «Malgré la baisse des taux en 2003, les ménages ont renforcé leurs avoirs sans risque en Espagne et en France» indique David Davydoff. La France est le seul pays dans lequel c'est surtout l'épargne courte qui augmente. «Les dépôts à plus de deux ans n'augmentent que de 1,9% en 2012 en France contre 7,1% dans la zone euro», relève l'étude.


Globalement, en 2012, les Français ont été plus attentistes que leurs voisins : ils ont accru de 3,1% les dépôts auprès des banques (hors comptes à vue) alors que les Anglais diminuaient les leurs de 2,7%. Et les premiers mois de 2013 sont de la même veine : les dépôts à terme ont augmenté de 3,4% au premier trimestre dans la zone euro, mais de 5,6% en France et de plus de 12% en Espagne.


Cette prudence se reflète aussi dans l'appétit manifesté pour les actions. «Le capital accumulé par les Britanniques est largement investi en actions, donc beaucoup plus exposé à la conjoncture financière que celui des Européens continentaux», indique David Davydoff. Plus habitués à la Bourse ? Les Britanniques achètent quand le marché est bas et vendent quand il est haut... règle de base d'une gestion saine. Mais, fait inquiétant, selon cette étude, les Allemands font l'inverse ! Quant aux Français, aux Italiens et aux Espagnols, ils «accumulent», achètent petit à petit, mais à dose homéopathique.

Publié dans Economie |