28/10/2013

Les résistances aux antibiotiques progressent en France.

Malgré les mises en garde récurrentes adressées aux patients et à leurs médecins prescripteurs, les résistances aux antibiotiques de nombreuses bactéries se développent en France sans réelle entrave. Voici, en substance, la tonalité de l'appel lancé cette semaine par l'Institut de veille sanitaire, au fil d'un numéro spécial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (1). Car, si «les outils de surveillance et de mesure des résistances sont désormais en place», comme l'assure le professeur Benoît Schlemmer (président du Comité national de suivi du plan pour préserver l'efficacité des antibiotiques), beaucoup reste à faire pour réduire la consommation de ces molécules – tant en ville qu'à l'hôpital et en médecine vétérinaire.


Il est vrai que la plupart des indicateurs mis sur pied au cours des dernières années sont au rouge. Malgré une baisse relative de la consommation (de l'ordre de 5,6%) les médecins de ville français occupent en effet toujours la place de premiers prescripteurs européens d'antibiotiques – qui figurent sur 90% de leurs ordonnances. Tandis qu'un patient sur quatre hospitalisé en court séjour se voit administrer ce type de médicament.


Dans ce contexte, l'Hexagone figure logiquement en tête des pays les plus confrontés au pneumocoque résistant à la pénicilline et aux macrolides – notamment chez les enfants de moins de 4 ans –, tandis que le pourcentage de résistance à la méticilline du redoutable staphylocoque doré y atteint 33%. Le taux de résistance à la gentamicine de certains colibacilles (E. faecalis et E. faecium), en revanche, reste nettement inférieur à la moyenne européenne. Au plan général, les spécialistes soulignent que «la progression de la résistance bactérienne aux antibiotiques est actuellement plus rapide que la découverte de nouveaux antibiotiques».

Publié dans Sciences & Santé |