28/10/2013

dans la forêt humide de Martinique

Arbres géants enlacés de lianes, fleurs chatoyantes, bruissement d'insectes, cris d'oiseaux... traverser la forêt tropicale dégage toujours un mystère digne d'un film d'aventures. Cap à Fonds-Saint-Denis, au nord. Facile, la Trace des Jésuites est un grand classique de la Martinique(*). Mais prudence: un terrain archiglissant et la rivière en crue doivent inciter à reculer.

Le sentier de 5 kilomètres descend et remonte en forme de V, à proximité de la D1 que les religieux empruntaient au XVe et XVIe siècle de Saint-Pierre à la côte Est, lorsque la route était encore un chemin. Le randonneur qui suit le balisage jaune et blanc se sent tout petit parmi les gommiers blancs, les magnolias, les «pains d'épices» et ananas-montagnes envahis de plantes grimpantes cachant peut-être une mygale non venimeuse dans son feuillage. A mi-chemin, la rivière du Lorrain se franchit à gué. Prévoir une serviette et des sandales! Au terme d'une heure de marche, on aura déjà goûté l'eau fraîche (20 °C tout de même...) en se baignant au Trou du Lorrain. Le bassin est un petit paradis aux reflets verts qu'il faut atteindre en suivant sur trente mètres le cours de la rivière. Les mulets pullulent, tout comme les ciriques, ces crabes orange moins recherchés que les z'habitants (crevettes appelées écrevisses). Un superbe point de vue sur la montagne Pelée, point sommital à 1 395 m, et sur la plaine de Morne Rouge ponctue trois heures de marche rafraîchissante. Faute d'avoir un véhicule au départ et un autre à l'arrivée, on essayera le retour en auto-stop.

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Les merveilles chinoises de l'or blanc

Le dragon furieux ondule parmi les nuages et les chauves-souris dans un ciel blanc de porcelaine. Il enroule son corps aux écailles rouge sang autour du haut col fin et sort ses griffes sur la panse rebondie d'un vase du XVIIIe siècle. L'élégant objet est un de ces témoins de la «Splendeur du feu» que le centre culturel de Chine à Paris évoque actuellement. Car à l'occasion de l'année de la Chine, l'institution propose, sous ce titre, une exposition qui aurait pu relever du lieu commun. Elle entend en effet rappeler à quel point les Chinois excellèrent dans l'art de la céramique.


Mais si, nul sans doute ne l'ignore, la Chine est un empire de porcelaine, elle a pour capitale Jingdezhen. La manifestation se consacre donc à ce bourg de Chine méridionale, dont on fête cette année le millénaire de la fondation. Situé dans la province du Jiangxi, il est célèbre pour avoir abrité depuis des siècles le principal four de production de porcelaine du pays. Il était fournisseur officiel en merveilles d'or blanc et abrita même, à partir de la dynastie Ming, la manufacture impériale. Sans parler du rayonnement d'un site qui produisit de quoi satisfaire le goût pour les chinoiseries des collectionneurs européens.


Des flammes de Jingdezhen sont donc sorties au fil des siècles des vases aux épaules rondes et des pots ventrus, des bols à motifs poissons, des plats fleuris de pivoines et des bouteilles portant des vols de phénix. On y façonna la pâte pour qu'elle soit toujours plus blanche, plus légère, d'une extrême finesse jusqu'à en être translucide. Parfois les porcelaines présentées à Paris étonnent aussi par la vivacité et la variété de leurs coloris. Car les Chinois n'eurent sans doute de cesse que de maîtriser toute la palette. L'exposition insiste d'ailleurs sur ce travail incessant sur les cuissons, les glaçures puis les oxydes. Mais le visiteur peut aussi faire fi de la technique et se laisser charmer par quelque soixante pièces exceptionnelles, sobrement mises en lumière pour révéler leur transparence fragile.


La Splendeur du feu – Chefs-d'oeuvre de la porcelaine chinoise de Jingdezhen du XIIe au XVIIIesiècle,

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Jeunes, inventifs et ambitieux

A la lettre N du dictionnaire de l'architecte, on trouve le Naja. L'acronyme est mystérieux, vaguement exotique, mais il représente tout à la fois un label de qualité et une véritable promesse d'avenir. Les «Nouveaux Albums des jeunes architectes» récompensent en effet les plus prometteurs des professionnels débutants.


Héritage des «Albums» du même nom qui des années 1980 au milieu des années 1990 ont permis, avant de disparaître, de distinguer beaucoup des stars de l'architecture d'aujourd'hui, cette opération de promotion, désormais conduite par le ministère de la Culture sur un rythme bisannuel, permet surtout de donner un solide coup de pouce à de jeunes architectes français et européens, âgés de moins de 35 ans. Alors que les débuts sont souvent difficiles, il s'agit de valoriser ceux qui ont déjà commencé à faire leurs preuves, notamment par la valeur de projets même modestes. L'idée est surtout de les aider à décrocher des commandes en les faisant connaître à de potentiels clients.


Pour la deuxième édition de ces Naja, 14 équipes ont été distinguées parmi les 186 qui avaient répondu à l'appel à candidature. Et ce sont ces 26 jeunes talents qui s'affichent en grand jusqu'au 8 août à l'Institut français d'architecture (IFA) à Paris. Le premier acte de cette session est en effet la présentation des projets réalisés ou imaginés par les lauréats. Au Palais de la porte Dorée, le public pourra donc découvrir la maison de métal sobre et lumineuse livrée cette année par Wonderland Productions à Pleumeur-Bodou, dans les Côtes-d'Armor, ou celle de béton guère plus tapageuse que Clément Vergély a bâtie dans le Rhône. On pourra encore se pencher sur la Médiathèque du futur et ses étranges salles de lecture en alvéole que l'équipe de Tomorrow aurait bien aimé construire à Tokyo, ou sur l'idée du Hard Sweet Hotel imaginé par Karine Herman, drôle d'établissement monté sur échasses comme un flamant rose et que l'architecte aurait bien vu venir se poser au bord des voies de la gare d'Austerlitz.



Cette manifestation, qui sera ensuite itinérante, est en outre appuyée par la publication d'un beau hors-série de la revue D'Architectures et le lancement d'un site Internet.




Aider de futurs grands bâtisseurs à faire émerger leur potentiel et leur personnalité, c'est aussi le but de la fondation Électricité de France. Mais pour sa bourse des jeunes architectes, cette dernière a en outre ajouté la touche qu'il faut de développement durable. Cette année, les candidats devaient en effet plancher sur le thème de l'architecture utilisant des matériaux naturels. La fondation a ainsi décidé de récompenser Ana Amalia Garcia Ramirez pour son projet sur l'utilisation du bambou en Colombie ou encore Salima Naji qui avait travaillé sur la revitalisation des greniers à blé collectifs, constructions de pierre ou de terre de l'Anti-Atlas marocain

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