28/10/2013

Jeunes, inventifs et ambitieux

A la lettre N du dictionnaire de l'architecte, on trouve le Naja. L'acronyme est mystérieux, vaguement exotique, mais il représente tout à la fois un label de qualité et une véritable promesse d'avenir. Les «Nouveaux Albums des jeunes architectes» récompensent en effet les plus prometteurs des professionnels débutants.


Héritage des «Albums» du même nom qui des années 1980 au milieu des années 1990 ont permis, avant de disparaître, de distinguer beaucoup des stars de l'architecture d'aujourd'hui, cette opération de promotion, désormais conduite par le ministère de la Culture sur un rythme bisannuel, permet surtout de donner un solide coup de pouce à de jeunes architectes français et européens, âgés de moins de 35 ans. Alors que les débuts sont souvent difficiles, il s'agit de valoriser ceux qui ont déjà commencé à faire leurs preuves, notamment par la valeur de projets même modestes. L'idée est surtout de les aider à décrocher des commandes en les faisant connaître à de potentiels clients.


Pour la deuxième édition de ces Naja, 14 équipes ont été distinguées parmi les 186 qui avaient répondu à l'appel à candidature. Et ce sont ces 26 jeunes talents qui s'affichent en grand jusqu'au 8 août à l'Institut français d'architecture (IFA) à Paris. Le premier acte de cette session est en effet la présentation des projets réalisés ou imaginés par les lauréats. Au Palais de la porte Dorée, le public pourra donc découvrir la maison de métal sobre et lumineuse livrée cette année par Wonderland Productions à Pleumeur-Bodou, dans les Côtes-d'Armor, ou celle de béton guère plus tapageuse que Clément Vergély a bâtie dans le Rhône. On pourra encore se pencher sur la Médiathèque du futur et ses étranges salles de lecture en alvéole que l'équipe de Tomorrow aurait bien aimé construire à Tokyo, ou sur l'idée du Hard Sweet Hotel imaginé par Karine Herman, drôle d'établissement monté sur échasses comme un flamant rose et que l'architecte aurait bien vu venir se poser au bord des voies de la gare d'Austerlitz.



Cette manifestation, qui sera ensuite itinérante, est en outre appuyée par la publication d'un beau hors-série de la revue D'Architectures et le lancement d'un site Internet.




Aider de futurs grands bâtisseurs à faire émerger leur potentiel et leur personnalité, c'est aussi le but de la fondation Électricité de France. Mais pour sa bourse des jeunes architectes, cette dernière a en outre ajouté la touche qu'il faut de développement durable. Cette année, les candidats devaient en effet plancher sur le thème de l'architecture utilisant des matériaux naturels. La fondation a ainsi décidé de récompenser Ana Amalia Garcia Ramirez pour son projet sur l'utilisation du bambou en Colombie ou encore Salima Naji qui avait travaillé sur la revitalisation des greniers à blé collectifs, constructions de pierre ou de terre de l'Anti-Atlas marocain

Publié dans Culture & Spectacles |

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