28/10/2013

Enquête sur l'autisme

Au cours des six prochains mois, 170 spécialistes internationaux vont tenter de déterminer plus précisément quels gènes sont impliqués dans l'autisme en comparant près de 6 000 échantillons d'ADN obtenus chez des familles affectées par ce syndrome. L'autisme est un trouble précoce du développement neuropsychologique apparaissant avant l'âge de trois ans et touchant l'aptitude à la communication et à la socialisation.


A l'origine de ce projet, l'organisation américaine de l'Alliance nationale pour la recherche sur l'autisme (NAAR) a rassemblé les travaux scientifiques américains, canadiens et européens pour obtenir une base de données plus conséquente, et ainsi augmenter les possibilités de recoupement dans la recherche des gènes responsables de l'autisme. «Depuis plusieurs années, chaque équipe nationale fait des analyses pour trouver les chromosomes impliqués dans ce syndrome», explique Thomas Bourgeron, directeur du groupe génétique humaine et fonction cognitive à l'Institut Pasteur. «Aujourd'hui, on a tous des régions du génome qui sont candidates pour expliquer le développement de l'autisme, mais on est arrivé à un point où la taille de nos échantillons est trop faible pour aller plus loin.»


Cette mise en commun internationale va donc permettre de réunir toutes les informations disponibles sur 6 000 échantillons provenant de familles dans lesquelles deux enfants sont victimes de cette pathologie. Outre l'ADN des jeunes malades, les échantillons de leurs parents seront également étudiés. Pour repérer les gènes les plus significatifs, les chercheurs vont utiliser la nouvelle technologie de la puce ADN sur laquelle «on place plusieurs milliers de fragments d'ADN synthétique que l'on peut comparer ensemble très rapidement», se réjouit la psychiatre Catherine Milcent.


En rassemblant ces données, des groupes homogènes de familles seront ainsi créés. «Jusqu'à présent, on comparaît deux familles et parfois, par chance, on trouvait un chromosome commun. Là, on pourra regrouper des patients qui ont par exemple le même problème de langage», précise Thomas Bourgeron. Chantal Tréhin de l'association Autisme France espère que «la génétique donnera une meilleure définition des sous-catégories de l'autisme». Cette affection concerne près de 100 000 personnes en France.


Compte tenu de son ampleur, cette étude est une première mondiale et ses résultats devraient être connus au début de l'année prochaine. Si des experts considèrent que c'est «un grand espoir» pour la recherche, Thomas Bourgeron préfère ne pas donner de fausses espérances. «Il faut la faire pour être plus précis. Mais on ne sait pas du tout quelles seront les retombées de ce travail.» Sans oublier que les causes génétiques de l'autisme sont complexes et font probablement intervenir plusieurs gènes en interaction avec l'environnement.

Publié dans Sciences & Santé |

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