28/10/2013

Des bactéries sous la glace.

D'après les dernières découvertes, il est tout à fait possible que des formes de vie puissent exister dans des lacs isolés de la surface par des centaines de mètres de la surface, dans un noir total. Une équipe internationale de chercheurs a récemment prouvé que les bactéries trouvées en 2002 dans un lac sous-glaciaire en Islande ne provenaient pas d'une contamination humaine. Il s'agit d'un petit lac de 100 m de profondeur niché dans le cratère du volcan Grimsvötn, sous une couche de 300 mètres de glace. La chaleur remontant du volcan suffit à maintenir l'eau du lac sous forme liquide.


Eric Gaidos, de l'université d'Hawaii, a expliqué mardi dernier lors d'un congrès d'astrobiologie à Reykjavik que des analyses ADN montrent que les bactéries trouvées dans le lac sont bien différentes de celles trouvées dans la neige en surface. C'est donc la première fois que l'on trouve des bactéries dans un lac sous-glaciaire sans aucune ambiguïté possible. Selon Eric Gaidos, il s'agit d'une découverte très encourageante pour la recherche de vie sur Mars. «Nous savons qu'il existe de la glace à la surface de Mars, explique-t-il. Et on suspecte qu'il y a eu des glaciers, et peut-être encore du volcanisme actif.» Toutes les conditions seraient donc réunies pour que la vie ait pu subsister sur la planète rouge, malgré des températures et une pression atmosphérique trop basses pour avoir de l'eau sous forme liquide à la surface.


La technique de forage utilisée pour aller rechercher de l'eau dans le cratère du Grimsvötn pourrait être utilisée pour aller explorer les eaux du lac Vostok. Les Américains et les Islandais ont foré la glace avec un jet d'eau presque bouillante. L'eau et les instruments de forage avaient au préalable été stérilisés pour éviter au maximum de contaminer les eaux du lac.


Même s'il ne reste plus que 130 mètres à forer sous la base russe de Vostok pour atteindre la surface du plus grand lac antarctique, le projet pourrait être bien plus complexe que ce qui a été fait pour le glacier islandais. L'année dernière, Chris McKay, chercheur au centre Ames de la Nasa en Californie, avait mis la communauté scientifique en garde contre les risques d'éruption lors d'un forage à Vostok. Selon lui, les grandes quantités de gaz dissoutes dans les eaux de Vostok, à cause de la pression énorme de la glace, pourraient avoir le même comportement qu'une bouteille de boisson gazeuse agitée avant l'ouverture. Malgré ces lourdes difficultés techniques, une équipe russe travaillant avec l'institut minier de Saint-Pétersbourg affirme être prête à reprendre les forages à Vostok

Publié dans Sciences & Santé |

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